mercredi 28 janvier 2009

L'Université

Fort heureusement, il n’est rien arrivé de bien palpitant entre le 21 et le 26; je me suis plutôt acclimatée à mon environnement (et j’ai écouté l’intégrale de la série Dexter, mes mauvaises habitudes me suivent!). Bref, je suis chez moi!

Les choses se corsent par contre lorsque j’ai commencé à aller à l’université! Ma première journée était assez… je n’ai pas trouvé d’autre mot que poche, mais comme Carine ne le comprenait pas, j’ai dû y trouver un genre d’équivalent avec moche qui y ressemble assez somme toute, mais qui a, selon moi, une connotation plus passive, plus grisaille que franche contrariété. Bref, c’est assez pour la sémantique, ma première journée ne faisait pas encore rêver! Debout aux petites heures du matin (à 8h, le soleil n’est toujours pas levé, c’est déprimant!) je prends gaiement et baillant le métro pour l’école à 9h. J’arrive à ma première salle de cours.

« 10 heures moins 5, on est deux dans la classe. 10h, on est 10. Chez moi, les cours commencent à l’heure dite! L’enseignant n’est même pas en classe. 10h05, c’est pathétique. Je comprends que la ponctualité apparaisse comme une qualité souhaitable en France, car ça n’est manifestement pas une simple règle de vie et de politesse qui va de soi. Super, et il y a des conflits de locaux avec un autre cours en plus… Très fort, l’administration française… C’est normal qu’il ne se passe toujours rien à 10h20?!? C’est plutôt place tout ça… je préférerais bien apprendre quelque chose… »

Bref, à 11h (le cours finissait à 11h30), j’en ai eu assez et je suis partie… Wow, premier cours et le prof ne se pointe juste pas… vraiment charmant!

Ensuite j’allais dîner avec Anne-Christine… à 12h… Alors j’ai d’abord acheté des livres, vous savez, il faut que j’étudie aussi… 62 euros pour 5 livres, donc au-delà de 100$... Yé! Et c’était seulement ceux que je ne me résolvais pas à emprunter en bibliothèque. Je serais bien allée chercher ma carte étudiante, mais les bureaux n’ouvrent que d’1h30 à 18h. Alors j’ai attendu, et attendu…

J’ai acheté une carte monéo (2 euros) pour manger à la cafétéria de l’université, puisque je n’avais pas ma carte étudiante… Il faut une carte à puce qu’on recharge à coup de 10 euros dans des bornes pour payer les repas universitaires de 2,85 euros à chaque fois… Et les repas sont faits de points qui nous permettent de composer notre repas. 4 points pour un repas principal et des trucs à un point un peu partout, pour un maximum de 6 points dans un repas… Vraiment charmant comme système! Je suppose qu’on s’y habitue…

Et Anne-Christine est arrivée à 12h20, alors que son cours finissait à 12h. Les profs nous gardent jusqu’à la fin et un peu plus! Wow, un autre beau point pour la Sorbonne, comment on fait pour se rendre d’un cours à l’autre?

Puis on a mangé, évidemment (pas super, mais bon, pour 2,85 euros…) et j’ai été au bureau pour obtenir ma carte d’étudiante. 1h30… 1h45… le bureau est fermé et il n’y a personne! Ils ne prennent même pas la peine d’être présents pendant leurs heures d’ouvertures! Je ne peux pas attendre des heures, j’ai un cours à 2h, alors j’y vais, en espérant avoir un prof!

Je vais au local dont le numéro était inscrit sur le panneau (car oui, les affichages sont notre seul moyen de communication avec le système) et… évidemment, ça n’était pas le bon! Je me fais indiquer le bon numéro (comment diable pouvais-je le savoir??) et j’arrive, heureusement, à l’heure. Le cours n’était pas mal, la prof était intéressante et nous prenait beaucoup plus par la main que je l’aurais imaginé. Il faut dire que c’est un cours de 2e année, mon seul… Les autres sont de 3e année et le niveau est supposé y être beaucoup plus dur. Alors elle parle, elle parle, du XVIIIe siècle, des Lumières etc., jusqu’ici rien de très nouveau… Mais elle n’arrête pas… Après une heure et demie, elle annonce… deux minutes de pause! Et elle recommence jusqu’à la fin des deux heures! Wow, il faut être bien équipé pour se concentrer ici! Personnellement, j’y arrive, mais je plains ceux qui n’ont pas cette facilité… et les étudiants étrangers qui ne maîtrisent pas tout à fait la langue!

Bref, plutôt épuisant. J’ai le même cours le lendemain et c’est la même histoire, mais encore plus tard (4h à 6h)! C’est quelque chose! Au moins, elle nous a donné un beau plan de cours détaillé et tout! Ça j’aime! Que des présentations orales… Ça j’aime moins! Je ne me sens pas très à l’aise de faire un commentaire composé ou une analyse de texte, genres avec lesquels je ne suis pas familière du tout, devant la classe, avec mon accent certes mignon pour eux, mais pas toujours parfaitement compréhensible… Ouf! Et elle nous a raconté ce qui en est de la grève… aie! Heureusement, je me suis renseignée, et si je perds ma session à cause de la grève, je ne perds pas mon financement! J’aurais été bien mal prise d’étudier et tout et de ne plus avoir ni crédits, ni un sou!

Alors j’abrège parce qu’il faut que j’aille à mon prochain cours bientôt, mais en gros c’est ça, c’est l’école en France, ou à Paris, ou à la Sorbonne, ou en littérature, ou dans sa classe à elle, je ne sais pas à quel point je peux généraliser puisque je n’ai eu que deux cours avec le même professeur!

Je m’accroche! Bonne session à Québec à ceux qui vont à l’Uni, et vive Laval! Mais ça vaut la peine d’être ici ;). Je chiâle beaucoup, mais bon, j’ai le droit hein!

4 commentaires:

  1. lâche-pas Marf! la culture française n'a pas que du bon, on le sait mais on n'a peine à s'imaginer tant qu'on a pas les 2 pieds dedans! En passant, j'aime beaucoup te lire, fais attention à toi et j'espère que ton ou tes chevilles vont mieux!
    bisous, Marie

    RépondreSupprimer
  2. Je ne chialerai plus contre UL...
    On prend si vite pour acquis des valeurs centrale telle que la ponctualité!!

    RépondreSupprimer
  3. Poche = Naze.
    Chiâler = Râler = Être Parisien. Tu dois être parfaitement intégrée!
    (Non, sans blague, content de savoir que les choses aillent bien.)

    RépondreSupprimer
  4. Merci Marco du petit lexique! Voilà de bonnes équivalences! Tu as pensé à faire linguiste? hehe ;)

    En effet Mimi, on prend pour acquises des choses telles que... le respect minimal de se présenter aux cours qu'on donne! Mais sans blague, la devise de la France a beau être Liberté, fraternité, égalité, ces valeurs de bases vont beaucoup plus de soi chez nous qu'ici... Évidemment, on a hérité ces valeurs de leurs batailles, mais disons qu'elles sont beaucoup plus précaires dans leur terre natale... On peut bien avoir une devise niaiseuse comme A mari usque ad mare...

    Merci beaucoup Marie, de me lire et pour ton commentaire! Mes chevilles vont mieux, mais je ne cours pas encore dans les escaliers.. et j'ai toujours un frisson à la dernière marche chez moi! Non, je rigole, c'est pas si pire, mais quand même! Je fais attention!

    (oh, et désolée pour le vocabulaire trop français! Mais bon, à force de réfléchir avant de parler pour utiliser des mots de français international, ça s'imprègne dans mon cerveau! et les Français ici trouvent que je parle trop bien... lol!)

    RépondreSupprimer