Aujourd'hui, école à 8h30... hmmmm... Je pensais y aller.. Je voulais y aller... J'étais prête à y aller...! Mais cela aurait-il vraiment valu la peine de me gâcher la journée (lever 6h30 + deux heures de métro, donc de retour minimum à 10-11h) pour me faire dire que le professeur fait la grève... S'il prend la peine de venir nous accueillir à son cours! Bref, après ma semaine, je ne pouvais pas endurer une autre déception de ce genre, alors je suis restée au chaud dans mon lit... Au moins ainsi, j'ai pu m'avancer un peu dans ma lecture (page 140! ... d'un de mes livres de 500 pages...).
Après dîner, on est allées prendre une petite marche, Carine et moi, au parc des Buttes Chaumont... wow, ça valait le coup! Le soleil s'était montré, alors il faisait plutôt bon dans certains coins, je me sentais au printemps, avec l'eau qui ruisselait sur le bord du chemin en ramassant le sable et les feuille mortes... au printemps de Québec, il va sans dire! Il ne manquait que la slush! C'est vraiment un sentiment étrange au mois de janvier! (presque février)
Le parc, tout près de la maison, au milieu du 19e arrondissement, laisse voir un étrange contraste de passé et de présent, de nature et d'humain... Un genre de paysage bucolique, façonné par la main de l'homme. Au centre d'un lac très rond trône un grand amas rocheux, coupé au couteau, style falaise de bord de mer sur lequel on pourrait imaginer Victor Hugo regardant au loin vers la France perdue. Au sommet, un petit chapiteau de pierre (je cherche désespérément le mot architectural pour décrire cette chose toute en colonnes, au toit bombé) donne une impression de ruines grecques, vieilles comme la terre. Sur le long des sentiers courent des clôtures de pierre qui imitent de vieilles branches qui s'accrochent encore à leur écorce, leur réalisme est saisissant, bien que le travail de la pierre en soit inégal. Les marches de pierre (ou de béton, qui sait?) sont sculptées à la manière d'anciennes roches à peine déplacées de leur état primitif et consolidées par des rondins. On hésite devant le merveilleux de la chose à cause de l'aspect éminemment humain: doit-on admirer le paysage si naturel et pittoresque... qui a été fabriqué de toute pièce?
Tout autour se baignent des mouettes, assez peu poétiques, qui regagnent leurs lettres de noblesse lorsqu'il leur prend de s'envoler par centaines et de danser dans leurs mouvements grégaires devant le chapiteau, sous le soleil d'hiver. Imperturbable, un héron se repose à l'ombre des pierres pendant que de gros oiseaux à têtes noires, ayant sans doute une certaine parenté avec les oies, s'ébattent à deux pas. Les huards, nos canards communs, flottent tranquillement et une femelle, peut-être courtisane, tourne autour de deux étranges oiseaux oranges, peut-être un type particulier de gros palmipèdes ou un cousin éloigné des flamants qui, comme eux, se tiennent sur une patte.
Dans le parc et les sentiers boisés, des marcheurs, des flâneurs, des coureurs et leurs chiens se croisent, assez rares vue les rigueurs de la saison hivernale.
Malgré ce cadre enchanteur, la ville appelle et s'immisce dans le tableau en donnant aux collines verdoyantes un arrière-plan d'immeubles à bureau modernes qui surplombent les vieux appartements jaunes, les toits bombés d'anciens logements touts en courbes et la brique rouge de la mairie. Depuis le promontoire à chapiteau, on voit au loin, derrière un léger sfumato, la basilique du Sacré-Coeur sur la butte de Montmartre qui attend patiemment que les beaux jours reviennent pour accueillir son flot de touristes pressés et d'escrocs intéressés.
Bref, une jolie promenade pleine de paradoxes. Vous me pardonnerez pour la description zolienne (i.e. dans le style de Zola), mais bon, n'ayant pas pris de photos..! Je me suis amusée!
(et oui maman, je t'y emmène quand tu viendras, ce sera probablement plus joli avec des fleurs et sans barrières devant les pelouses en jachère pendant l'hiver!)
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Tu foxes déjà tes cours... On se la coule douce!!
RépondreSupprimerC'est pas moi, c'est les profs... Deux semaines à Paris: grève scolaire, grève nationale des transports... Charmant!
RépondreSupprimerOui Marf et il faudra identifier tous ces oiseaux!
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