vendredi 27 mars 2009

Tourisme urbain

Puisque j'en avais assez d'attendre après les autres pour m'occuper et visiter Paris, j'ai décidé hier que le temps gris et pluvieux ne me gâcherait pas ma journée. N'écoutant que ma soif d'aventure, je pris mon livret "Paris en quelques jours", gracieuseté de mon frère, que j'épluchai minutieusement (quand je dis aventure, on ne rit plus!). Sautant par dessus les suggestions shopping et les restaurants hors de prix, je notai toutes les activités et les musées qui m'intéressaient, et je réalisai que plusieurs d'entre eux étaient gratuits pour les collections permanentes! Je sélectionnai donc deux musées dans le Marais pour la journée: la maison de Victor Hugo et le musée Carnavalet, ancienne résidence de Madame de Sévigné.

Puisqu'il faisait froid, venteux et tout gris, je décidai, parmi mes idées bizarres, de me rendre à destination en autobus! Quel périple! Évidemment, il y avait des travaux aux arrêts près de chez moi, ce qui me fit chercher un peu, faire des détours et manquer l'autobus. Mais, heureusement, c'est Paris! Des autobus, il y en a tout le temps! Arrivée à ma correspondance, j'ai arpenté plusieurs rues pour trouver l'arrêt de la 20. Car, à Paris, les rues sont si petites qu'il y a beaucoup de sens uniques! Donc les arrêts qui se correspondent ne sont pas face à face de chaque côté de la rue, mais éparpillés dans le quartier, dans les rues diagonales un peu partout. Bref, ce fut une expérience intéressante, et j'ai aussi découvert que la carte détachable du livret sus mentionné est très précise et très pratique pour trouver son chemin, malgré qu'elle soit un peu grande et que j'aie l'air d'une touriste en la dépliant. Le trajet m'a fait voir des petites rues au caractère bien différent des rues plus touristiques auxquelles je suis habituée. Comme le dit Carine, en prenant le métro, je vis un Paris sous-terrain; je ne connais que mes points de départ et mes points d'arrivée (ce qui me dispense heureusement d'avoir le sens de l'orientation), mais j'essaie de changer ça et de travailler mon sens atrophié de l'existence géographique des choses.

Bref, une fois dans le Marais, je me dirige vers la place des Vosges (ce qui est bien avec les destinations touristiques à Paris, c'est que leur direction est indiquée sur des panneaux! d'ailleurs beaucoup plus visibles que les noms de rues). Je n'avais jamais vraiment compris ce qu'était le Marais avant hier. Paris a de nombreux quartiers comme ça, connus pour X raison, avec de jolis noms un peu étranges. Le Marais est (vous serez surpris de l'apprendre), un ancien marais que les aristocrates ont fait assécher pour y bâtir leurs hôtels de luxe. Ils l'ont éventuellement déserté et le quartier est devenu plus pauvre, mais il est toujours rempli de jolis bâtiments dont on a conservé certains pour leur valeur historique.

Parmi ceux-ci (non, mais quelle transition élégante!), figure une résidence de Victor Hugo (celle qu'il a habitée le plus longtemps il paraît) qui est maintenant un musée dédié à l'écrivain en question. La maison est au coin d'un petit square bien sympathique, avec un parc au milieu où les enfants jouent et crient aujourd'hui. C'est incroyable comme les Parisiens, et tous les hommes peuplant cette planète, même si c'est moins évident, marchent sur des vestiges d'un passé riche... Et plusieurs éléments de cette géographie sont restés les mêmes, sont visibles à l'oeil nu du spectateur historien... Mais nous sommes tous trop absorbés par notre propre vie, notre propre réalité, notre propre temps pour réaliser à quel point l'Homme est vieux et quels pas il a faits pour nous conduire où on est...

Bref, la maison de Victor Hugo est une petite visite bien agréable. L'exposition permanente se situe à l'étage de ses appartements et reconstitue le décor des pièces de plusieurs maisons qu'il a habitées. Avec des tableaux et des objets authentiques, elle raconte un peu sa vie, sa chronologie. J'aime les petits musées comme ceux-là parce qu'on peut en faire une visite plus exhaustive sans s'épuiser. J'ai donc lu à peu près toutes les notices, et je dois dire que ça m'a réconcilié avec l'homme; je trouvais pathétique le livre des Contemplations où il nous gaze pendant des pages et des pages sur la mort de sa fille et sur ses idées romantiques, mais avec l'atmosphère et les tableaux et tout, j'ai fini par lui pardonner d'avoir écrit tout ça. Après tout, il avait le droit d'être en deuil et de souffrir pendant des années. Et ça n'est pas sa faute si on a donné tant d'importance à ce qu'il a publié. Il aimait seulement un peu trop se mettre en scène, mais bon, avec sa popularité, de son vivant, je suppose que c'est inévitable!

J'ai ensuite marché jusqu'au musée Carnavalet, à côté (grâce à ma carte, j'ai très bien trouvé!). Il est situé sur la rue de Sévigné; puisqu'ils n'ont pas donné son nom à l'hôtel où elle a résidé, ils ont plutôt nommé la rue d'après cette chère dame. Madame de Sévigné (elle était marquise, mais on la connaît en tant qu'auteure sous l'unique titre, sans prénom, de "Madame") est connue pour ses correspondances pour le moins prolifiques (3-4 lettres par semaine pendant 30 ans...) où elle professe un amour presque criminel pour sa fille (et lui donne des conseils sur sa vie sexuelle... pauvre fille!) et où elle raconte sa vie mondaine des XVIe et XVIIe siècles. Je n'ai jamais réussi à finir le livre! (et encore, c'étaient des correspondances choisies)

Ce musée retrace l'histoire de la ville de Paris grâce à des peintures de gens importants, des vues de la ville, des maquettes de certains quartiers, des modèles réduits de bâtiments et de moyens de transports, des reconstitutions d'intérieurs et toute une salle de vieilles enseignes de commerces, le tout à différentes époques. L'intérêt en est évidemment inégal, cela dépend également du caractère des gens, mais j'ai particulièrement apprécié les modèles réduits et les enseignes, ainsi que les intérieurs bien reconstitués où on pouvait aisément imaginer les dames en grandes robes prenant le thé, tenant salon et discutant de mondanités. Je fuyais les groupes de visites guidées (nombreux), mais j'ai tout de même entendu quelque chose d'amusant de la part d'un des guides: elle pointait un petit meuble à deux places qu'elle nommait un "confident", où ces dames et gentilshommes allaient s'asseoir deux à deux pour se faire des confidences. Oui, les Français avaient des divans exprès pour se raconter des secrets!! Mais il me semble que ça manque de subtilité un peu tout ça...

Bref, après-midi intéressant, terminé par un retour en métro (franchement moins long que le bus!) dans lequel j'ai lu quelques pages de Paris, de Zola. Je trouvais le titre plutôt approprié. Étant captive à Paris sans avoir à étudier, j'ai décidé de me lancer dans son oeuvre plus sérieusement. J'aurais bien aimé la lire dans l'ordre, mais les premiers tomes des Rougon-Macquart étant manquants à la bibliothèque, j'ai opté pour le désordre, en commençant par un des derniers, parce que le titre cadrait bien!

Au fond, j'ai bien fait de choisir cette ville, puisque malgré mon oisiveté, j'ai de quoi m'occuper; on n'a jamais fini de découvrir Paris!

1 commentaire:

  1. J'ai toujours aimé me promener à la place des Vosges, ce petit parc au milieu des hôtels particuliers a quelques choses de spécial qui allume mon imagination.
    Marie

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