I traveled the sea to study. Paris was for me the heart or brains of french littérature.
Pas de défi linguistique, simple immersion dans une culture proche de la mienne, une culture mère, ou plutôt cousine. Je voulais tout visiter, tout voir. Car je suis venue pour le Paris du passé, celui du XIXe siècle, les hôtels de pierre jaune et les cafés où dînent des hommes de lettres aux costumes extravagants. Ou plutôt ce qui en reste.
Mais ici, je vis le Paris d’aujourd’hui. Celui qui klaxonne, qui fourmille de pigeons, dont les dix millions d’habitants patrouillent les rues jour et nuit, les yeux dans leur monde ou criant des obscénités. Le Paris du métro, de la société de consommation et des graffitis anti-capitalistes, le Paris de Sarkozy, de Star Académie, des millionnaires et des mendiants, le Paris de la crise, celui des doux moments. L’histoire est loin derrière, mais elle est là, quelque part, sous les décombres, dans les gestes quotidiens des Parisiens, dans les baguettes de pain du matin, dans les croissants, dans les grands boulevards Haussmanniens, dans les petites rues laissées intactes et dans les musées où tout est restauré. L’histoire est bien cachée et je n’ai peut-être pas les yeux pour la trouver. Mais j’aime bien ce Paris d’aujourd’hui, j’y aime ma vie.
Ma vie dans cette ville cosmopolite, pôle de rencontre de toutes les cultures, où on est surpris à chaque détour. Je suis une touriste sans caméra, je veux vivre plutôt que de visiter, mais on me reconnaît facilement à mon accent. Pas moyen de se cacher : j’ai le Québec de tatoué dans ma voix. J’aurais cru que cela ferait de moi une minorité, mais en minorité, ici, tout le monde l’est. Paris est une ville où tout le monde est étranger.
Même à l’école, je me suis fait plus d’amis d’échange que de Français, sans parler des Parisiens. Et les études, et la littérature française, et la Sorbonne, l’École avec un grand É? Nada. Je croyais devoir me forcer pour me mettre au niveau, devoir apprendre très vite leurs méthodes, leurs modes de pensées, leur discipline et leurs règles, mais quoi? Rien, pas de classe, pas de travaux. Je croyais venir ici pour travailler, mais j’ai rarement eu d’aussi longues vacances.
Et la langue? Le français des Parisiens, les difficultés d’adaptation? Je viens du Québec, enclave francophone dans un monde anglophone. Et je parle français à des anglophones, anglais avec Nic et Neringa, Parisien avec la suissesse Maroussia.
À quel autre endroit au monde aurais-je pu deviner que la petite Québécoise que je suis devrait aller pour prendre une pinte en anglais avec deux Montréalaises pure laine?
vendredi 6 mars 2009
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