jeudi 12 mars 2009

Peintures et paysages

Encore une superbe journée sous le soleil parisien!

Contre toutes mes habitudes, je me suis levée aux aurores (bon, techniquement le soleil était déjà levé à 7h30) hier matin parce que, croyez-le ou non, j'avais une activité de nature scolaire! Bon, c'est alternatif, il ne s'agit pas vraiment du cours, mais c'était cool!

Dans le cadre du cours de Littérature et Peinture, on (la moitié de la moitié de groupe qui se présente habituellement aux "cours") a fait un tour dans un café où l'un des étudiants expose des peintures et photographies de lui-même et de certaines de ses connaissances. On a eu droit à un topo récapitulatif de chacune des œuvres, à des explications sur les inspirations, les motivations, les sujets (bah, l'art contemporain! il faut tout expliquer sinon c'est incompréhensible) et les poétiques personnelles des artistes. Et maintenant on est appelés à réfléchir au contexte de présentation des œuvres et à la façon dont ça influence notre perception, ce genre de choses. Personnellement, je trouvais surtout que ça fittait bien (les murs étaient oranges et les peintures particulièrement étaient en harmonie avec cette teinte de couleurs). Mais je suppose que ma réflexion devrait être un peu plus complexe que ça si je veux remplir une page ou deux... (je rigole bien, mais je trouve le projet intéressant (et oui je suis consciente du francisisme que représente le mot "rigole", mais je l'utilise on purpose, parce que c'est un blog sur moi à Paris! et l'anglais, heu, ça représente la pluralité des cultures qui convergent dans cette ville complexe et... heu, ok, trop d'analyses pour la journée.))

Mais ça n'est pas tout! Après une brève escale à la maison pour me reposer un peu les yeux (je vous rappelle que je suis presque à l'heure du Québec avec mon horaire ici: je me lève plutôt vers 10-11h que vers 7h30!), j’ai décidé de ne pas m’enfermer par une si belle journée (vous voyez, j’évolue! d’habitude ça ne me dérange pas…). Évidemment, comme c’était mercredi, mes amis sont au travail ou à l’école, alors j’ai décidé de profiter de Paris par moi-même.

Je suis allée jusqu’à un traiteur asiatique (il y en a quelques-uns sur ma rue…) et j’ai dîné au Parc de la Villette (encore lui, il est tout à côté de chez moi), près d’une fontaine au soleil. Pas désagréable en soi. Puis j’ai pris le Métro jusqu’à la rue Mouffetard puisque je devais rendre mon Proust à la bibliothèque. Pour rester dans le thème, je lisais Baudelaire, critique d’art sur le chemin.

La rue Mouffetard, j’ai d’abord eu quelques difficultés à la cerner. Le nom me disait quelque chose, mais je ne trouvais pas ce qui la rendait spéciale… c’est une rue hein! Mais au soleil de début d’après-midi, cette petite rue piétonne prend une toute autre allure avec ses dizaines de cafés, traiteurs et boutiques fines de fromages, café, viandes, poissons, fruits et pains. On se promène sur les pavés en se demandant ce qu’on va choisir pour le pique-nique sous la tour Eiffel ou en sélectionnant soigneusement le petit café sur la terrasse ensoleillée duquel on va s’arrêter pour profiter de l’ambiance. Car cette rue, c’est avant tout un ton, une ambiance, un sentiment avant que d’être un attrait touristique en soi. Ça n’est pas : « regarde la jolie statue! », c’est : « tu ne sens pas qu’on est bien ici? »

Bref. Étant seule et ayant déjà dîné, j’ai laissé tomber l’idée du pique-nique (j’attendrai mon amoureux et/ou ma maman), mais des jardins me semblaient une bonne idée. J’ai donc pris le Métro jusqu’au Louvre pour faire quelques pas dans le jardin des Tuileries où je n’avais jamais mis les pieds. Plutôt grand et carré, avec des statues de femmes nues un peu partout et des enfants qui courent près des fontaines, c’était plutôt agréable. Je me suis posée un moment devant un bassin ou deux huards s’ébattaient, ils étaient marrants!

En chemin, je me suis souvenue que le Musée de l’Orangerie était tout à côté, alors j’y ai fait un saut pour voir les tarifs et tout… J’y ai passé une heure et demie. Ça valait vraiment la peine! C’est un petit musée, alors on a le temps d’en faire le tour en une visite, sans se presser, sans se perdre dans des dédales, sans hésiter entre les expositions, sans se faufiler dans la foule. Cinq euros bien dépensés! En bas est présentée la collection permanente Jean Walter et Paul Guillaume. Il s’agit de plusieurs œuvres de peintres impressionnistes, ou qui gravitent autour du moment et de la période. L’ordre de la visite est bien indiqué et la continuité claire; on a le temps de reconnaître le style et le coup de pinceau d’un peintre avant de passer au suivant. Les Manet, Gauguin, Renoir, Picasso et de nombreux autres s’y succèdent avec logique, c’est un trésor de visite. Dans les salles du haut trône l’œuvre monumentale que Manet a offerte à la France, les Nymphéas, qui consiste en deux salles ovales dont les murs exposent les immenses toiles d’impressions du jardin de l’artiste. J’ai trouvée jolie l’idée qu’il s’agissait d’un cadeau de paix, à la fin d’une guerre mondiale, qui célèbre autant la paix militaire que la paix intérieure que l’homme peut rechercher dans ces salles.

En sortant j’ai eu droit à un questionnaire sur ma visite (j’étais pas pressée, alors j’ai été sympathique avec la dame et je lui ai jasé un peu ça). De là, j’ai marché jusqu’aux Champs Élysées en espérant trouver un coin de verdure où Proust (ou son personnage) aurait pu jouer une partie de barres, mais j’ai abandonné avant de me rendre bien loin dans mon exploration, alors je suis rentrée à la maison pour prendre mon goûter de madeleines avec un bon café-crème.

Alors voilà, ma journée de touriste sans être touriste (sans être touriste parce que je n’ai pas pris de photos, ce qui explique leur absence dans le post). Il y a une sensation toute différente à visiter une ville en touriste et à la visiter en résident. C’est la même ville, mais c’est la sensation dans l’estomac qui est différente. Alors que l’émerveillement se manifeste en effervescence lorsque l’on sait que l’on pose les yeux sur un monument ou un paysage pour la première et probablement la dernière fois, on éprouve simplement une sensation de bonheur et de calme en déambulant sans presse devant ces beautés que l’on aura encore tout loisir d’admirer ou d’ignorer dans le futur. Pas besoin de tout voir, pas besoin d’endurer le désagréable pour saisir la chance du merveilleux. Le beau est là qui attend d’être cueilli au moment voulu, alors on ne fait qu’en profiter avec un sourire au coin des lèvres. Ça c’est la vie.

5 commentaires:

  1. En fait, va chercher à la bibliothèque les Contes de la rue Broca de Pierre Gripari. Le premier conte du recueil s'appelle La Sorcière de la rue Mouffetard et il est super connu de tous les petits Français (d'accord, c'est de la littérature jeunesse, mais c'est assez bon).

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  2. Update: J'ai cherché sur Google Earth pour le coin de pelouse de Proust, et je viens de trouver, longeant le début des Champs Élysées tout près de la place de la Concorde, un petit parc traversé par l'allée "Marcel Proust". Je suppose qu'il y a lieu de supposer qu'il s'agit de ce parc...! J'ai bien fait de ne pas continuer, je l'avais déjà dépassé. Je saurai pour la prochaine fois!

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  3. Oui, c'est la vraie vie!!! J'ai l'impression de t'avoir accompagnée lors de cette visite.

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  4. Bonsoir Marie-France, je viens de vérifier. Comme on me dit que mon commentaire a été publié, alors voici le mien. Je te lis tout le temps, et avec grand plaisir. Ton texte Peintures et paysages est superbe. Tu nous plonges vraiment dans l'ambiance...au point que tu ré-animes mon projet de faire un saut à Paris. Bientôt. Pour faire comme toi. Juste pour prendre l'air de Paris. Juste pour la rue Mouffetard et ton petit Musée. J'ai ta vie d'étudiante à plein temps full speedée par la compétition étudiante!!! OK, continues ta belle vie parisienne, avec Proust, avec Nicolas...Est-il toujours à Paris, celui-là? Maurice...Danielle te lit tout le temps et avant moi. Journée formidable aux Plaines ennsoleillées...pourquoi irais-je à Paris? Re-Bye. Maurice

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  5. La littéraire en moi apprécie certains passages de tes textes. Ça me rappelle ma session en France à 20 ans, un de mes plus beaux souvenirs d'étude. Par moments, tes textes s'animent, se forment en images, comme s'ils prenaient vie. Continue en profitant de Paris, l'ancienne qui vit à la moderne, comme tu le décris si bien. Qui sait, on apprend peut-être davantage à écrire en écrivant qu'en assistant à des cours, surtout fantôme !

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