Sous l'influence de mon envie de lire au soleil, j'ai donc courageusement (car ça prend une certaine audace!) grimpé dans le bus (il n'y a qu'à Québec au monde où les bus sont féminins). Direction: 12e arrondissement, vers la Promenade Plantée. Évidement le trajet le plus simple passe par les routes périphériques; pas particulièrement touristique ou agréable au regard, mais encore une fois, ça donne sans doute une idée plus réaliste de la Ville (je peux bien m'inspirer aussi de la Marcheuse Urbaine) et ça fait un Paris plus honnête. À quoi bon y rester des mois si on ne regarde que la Tour Eiffel ou Notre-Dame, symboles puissants mais désuets? Bref, je me suis retrouvée à faire mon transfert (toujours une quête mythique, c'est ce qui demande du courage) dans un genre de Paris-Banlieue, toujours dans la ville, mais à la limite du "non-Paris". Je cherche encore ce qui me fait dire cela, le petit changement dans l'ambiance qui différait du Mon Paris d'hier, mais j'arrive encore difficilement à dire. Peut-être est-ce l'utilisation un peu plus libérale de l'espace, avec de grandes stations services, de larges terrains privés, l'absence de petits commerces entassés au pied des grands blocs à appartements, les plus longues distances à parcourir pour passer d'une rue à l'autre, toujours est-il qu'il y avait quelque chose dans l'air que je ne reconnaissais pas pour appartenir à la Ville. Toujours est-il qu'après quelques aller-retours (cela explique que j'ais remarqué les distances plus importantes entre les noms de rues), et plusieurs consultations de quelques cartes, j'ai fini par trouver l'arrêt d'autobus que je cherchais (en faisant évidemment un long détour, parce que je ne peux tout de même pas ne pas tomber sur de la construction!) et qui était.. hors-service! Nouvelles consultations de cartes (avec mon sens de la non-orientation, je ne peux pas prendre de chances), je trouve enfin l'autobus 29 tant recherché et j'y monte, tentant un timide bonjour au chauffeur qui passe complètement inaperçu (encore une fois, voir le dernier post de la Marcheuse qui est dans le même thème). Alors voilà pour le trajet, entre les coups d'oeils à la Ville et les complots politiques des personnage Zoliens, qui fut instructif sur certains points.
Une fois à destination, il faisait évidemment moins beau que lorsque je suis partie (aller loin pour profiter du soleil fait inévitablement fuir une partie du soleil), mais c'était toujours très bien, à peine un peu frisquet. Je suis entrée dans le jardin du Reuilly, tout en étages, avec des plantes, et une grande pelouse au centre où les enfants couraient et jouaient à des jeux. J'espérais bien voir une partie de barres, car j'ai eu beau lire des enfants y jouer dans Proust et étudier les règlements sur Wikipedia, je n'arrive toujours pas à l'imaginer clairement. Toujours est-il que les enfants en ligne étaient immobiles trop longtemps et que j'ai passé mon chemin, grimpant vers la Promenade Plantée.
Construite en 1987 (en même temps que moi!) sur le tracé d'un ancien chemin de fer, la Promenade longe l'avenue Daumesnil du Jardin de Reuilly à la rue de Lyon, presque jusqu'à la Bastille, toute en hauteur. Il s'agit en fait d'une allée surélevée dont les bords sont évidemment plantés de végétation sauvage qui poussait sur le bord du chemin de fer et de plantes de style jardin. Rien qui coupe le souffle, mais la perspective particulière qu'on y a des toits de Paris valait à mon avis le détour (bon, c'est pas dur puisque je n'avais rien de vraiment mieux à faire).
J'avais déjà remarqué, depuis mes fenêtres à la maison, depuis le métro sur les ponts aériens et depuis les points de vue qu'on a du Centre Censier que les toits de Paris ont franchement leur cachet propre et gagnent à être regardés depuis une certaine hauteur. C'est ce point de vue qu'offre la promenade, entre les jonquilles et les rosiers (je suppose que c'en était, ils étaient tout nus et plein d'épines, ça faisait poétique et je ne connaissais pas les noms des autres plantes!), une vue des toits depuis le dessous, mais suffisemment haut pour qu'on les voie bien.
Les vues plongeantes de la rue avaient également un charme important, surtout avec tous les arbres en fleurs qui les longeaient parfois.
La promenade fourmillait de gens de tous les âges, des bébés aux personnes âgées, en passant par les groupes de jeunes qui se retrouvaient au soleil pour traîner.
La petite marche était franchement agréable quoiqu'un peu courte, même pour moi. J'aurais cru que c'était plus touriste que ça, mais c'était plutôt familial, comme mon Parc de la Villette.
Voilà donc une autre petite tranche de la Ville, qui se sert morceau par morceau et qui se déguste à la petite cuillère (ils en ont des si mignonnes ici, elles font certainement moins de 5 ml). J'espère simplement que je n'en ferai pas une indigestion! (métaphores culinaires = je dois avoir faim!)
À tous les marcheurs, bonjour!

J'adore les arbustes en fleurs...¸¸ça me fait rêver....
RépondreSupprimerMarf,
RépondreSupprimerton engouement pour les toits de Paris m'a fait penser à un roman de Zola, Une page d'amour, où l'un des personnages principaux décrit longuement la vue qu'il a des toits de la Ville du haut de son appartement. Ce sont de longues envolées (comme Zola sait si bien le faire) sur les toits ruisselant après un orage ou brillant de tous leurs feux sous le soleil couchant. Alors merci d'avoir fait une Zola de ton toi-même (je vois ici que je viens de faire un jeu de mots improvisé) et de nous avoir fait partager cette belle promenade.
Et merci pour les références au blog de la Marcheuse. Un clin d'oeil que j'apprécie.
Ta tante urbaine